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Loud quitting, coffee badging, job hugging : le jargon du travail

Un vocabulaire anglais tout neuf pour une relation employeur-salarié de plus en plus méfiante, des deux côtés.

Depuis le « quiet quitting » devenu viral en 2022, le monde du travail anglo-saxon n'arrête plus d'inventer des mots pour décrire sa propre relation, de plus en plus tendue, entre salariés et entreprises. Ces termes traversent l'Atlantique via LinkedIn et la presse économique avant de s'installer dans les conversations françaises. Voici les plus utilisés, avec leur vraie définition.

Partir en le faisant savoir (ou en silence)

Le loud quitting, c'est l'inverse du quiet quitting : plutôt que de réduire discrètement ses efforts, on démissionne — ou on exprime son mécontentement au travail — en le faisant savoir bruyamment, souvent publiquement sur les réseaux professionnels. À l'opposé, le quiet firing désigne la stratégie d'un employeur qui met un salarié au placard (missions retirées, mise à l'écart) pour le pousser à partir de lui-même plutôt que de le licencier franchement — une façon d'éviter les indemnités et la confrontation directe.

Faire acte de présence sans s'investir

Le coffee badging consiste à passer juste assez de temps au bureau pour être vu badger à l'entrée — le temps d'un café — avant de repartir travailler de chez soi, histoire de cocher la case « présentiel » sans en assumer la contrainte. Le task masking, c'est faire semblant d'être débordé au travail sans vraiment l'être, pour donner l'illusion d'une charge de travail intense. Et le bare minimum Monday pousse la logique plus loin : ne fournir que l'effort strictement minimum le lundi, pour atténuer la transition brutale entre le week-end et la semaine de travail.

Rester dans l'entreprise sans y croire vraiment

Le job hugging désigne le fait de s'accrocher à son poste actuel par prudence, même sans réelle satisfaction — un réflexe de sécurité plutôt qu'un choix enthousiaste. Le job cuffing va dans le même sens : rester dans un emploi par peur du changement, un peu comme on reste dans une relation de couple médiocre plutôt que d'affronter le célibat. Le career cushioning, lui, consiste à se préparer discrètement un plan B professionnel (réseau, formations, candidatures explorées) tout en restant en poste, par anticipation d'un licenciement ou d'un ras-le-bol à venir. Enfin, la micro-retraite est une pause de carrière volontaire de quelques semaines à un an, assumée et parfois annoncée à l'employeur — l'opposé de la démission silencieuse : ici, on part clairement, pour mieux revenir.

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