jaipaslaref.

jaipaslaref — guide

« Bourrin » : de l'âne au mauvais cheval, puis à l'insulte qu'on connaît

Un mot que Kaamelott a remis au goût du jour, mais qui a une histoire bien plus ancienne.

Traiter quelqu'un de « bourrin », c'est lui reprocher d'agir de façon brutale, directe et sans aucune finesse. Le mot, remis largement en avant par la série Kaamelott via Perceval et Léodagan, a en réalité une histoire qui commence bien avant la Table Ronde — et qui passe d'abord par un âne, puis par un cheval.

D'abord un âne, dans les dialectes de l'Ouest

Selon le Trésor de la langue française (CNRTL) et le Dictionnaire de l'Académie française, « bourrin » vient très probablement de « bourrique » (l'âne), avec un changement de suffixe. Dans les parlers régionaux de l'Ouest de la France, « bourrin » désignait justement un âne.

Certaines sources évoquent aussi, de façon plus marginale, une origine provençale (« bourri », également « âne ») ou un rapprochement avec le néerlandais « boer » (fermier) — des pistes minoritaires face à l'explication par « bourrique », qui reste la plus solidement documentée.

Puis un mauvais cheval, dans l'argot militaire

Le CNRTL date l'apparition du sens de « cheval » aux années 1903-1905, dans l'argot des cadets de Saint-Cyr. Par une forme d'ironie — passer de l'âne, animal humble, au cheval, plus noble — le mot a ensuite pris plus précisément le sens de « mauvais cheval » dans le langage militaire de l'époque.

Et enfin une personne, sens que Kaamelott a popularisé

Le glissement du « mauvais cheval » à la « personne brutale, sans finesse » relève de l'usage familier plus récent. C'est ce sens-là que la série Kaamelott (2005-2009) a massivement remis en circulation, porté notamment par Perceval et Léodagan, connus pour leurs méthodes... disons directes. Aujourd'hui, dire de quelqu'un qu'il est « bourrin » n'a plus grand-chose à voir avec un cheval ou un âne : c'est simplement reprocher un manque total de subtilité, dans une discussion comme dans une façon d'agir.

Expressions citées dans cet article

À lire aussi