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Kiffer, dawa, yalla, seum : ces mots d'argot français venus de l'arabe
Une bonne partie du langage familier français vient directement de l'arabe — voici les mots les plus courants et leur vrai sens.
Kiffer, dawa, yalla, bled... des mots utilisés au quotidien par toutes les générations, sans forcément savoir qu'ils viennent de l'arabe. L'argot français emprunte depuis longtemps à d'autres langues, et l'arabe en est l'une des sources les plus riches et les plus vivantes — porté par des décennies d'échanges culturels bien avant l'apparition des réseaux sociaux.
Des mots empruntés à l'arabe devenus banals dans toutes les bouches
« Kiffer » vient de l'arabe « kif », qui désigne le plaisir — le mot a d'abord servi à parler du haschisch avant de s'élargir à n'importe quelle source de plaisir, du son qu'on adore à la personne qu'on apprécie. Aujourd'hui, il est si intégré au français courant que peu de locuteurs pensent encore à son origine.
« Bled » désigne le pays ou le village d'origine familiale, souvent utilisé pour parler des vacances au Maroc, en Algérie ou en Tunisie — mais le mot s'est aussi élargi pour désigner n'importe quel « trou perdu », loin de son sens de départ.
Des mots qui restent identifiés comme argot
« Dawa » (le désordre, le chaos) et « yalla » (allez, dépêchons-nous) restent, eux, plus clairement perçus comme de l'argot familier plutôt que du français courant — on les utilise surtout à l'oral, entre proches, plutôt qu'à l'écrit ou dans un contexte formel.
« Avoir le seum », de l'arabe « sème » (le poison), suit un chemin intermédiaire : l'expression est aujourd'hui l'une des plus utilisées par toutes les générations pour dire qu'on est frustré ou dépité, sans que grand monde ne fasse spontanément le lien avec son origine.
Une source d'argot aussi ancienne que le verlan
Ces emprunts à l'arabe ne datent pas des réseaux sociaux : ils circulent dans le langage familier français depuis des décennies, portés par les mêmes quartiers et les mêmes histoires familiales que le verlan. Les deux courants se sont d'ailleurs souvent mélangés au fil du temps, avant que les réseaux sociaux ne les diffusent à une toute nouvelle échelle, bien au-delà de leurs cercles d'origine.