jaipaslaref — guide
« Madjer » : comment un but de 1987 est devenu le nom d'un geste technique
Un but marqué dos au but en finale européenne, devenu le nom générique de tout geste du même genre.
« Il a osé la madjer ! » : au foot, le mot désigne une talonnade acrobatique marquée dos au but. Ce n'est pas un terme technique abstrait — c'est le nom d'un joueur précis, auteur d'un but resté dans l'histoire d'une finale européenne.
Le but : Porto-Bayern Munich, finale 1987
Le 27 mai 1987 à Vienne, le FC Porto affronte le Bayern Munich en finale de la Coupe des clubs champions (l'ancien nom de la Ligue des champions). Mené 1-0, Porto égalise à la 77e minute sur un centre du Brésilien Juary : Rabah Madjer, dos au but, ne peut reprendre le ballon que d'une seule façon — d'une talonnade. Trois minutes plus tard, c'est Madjer qui devient passeur pour Juary, qui inscrit le but de la victoire. Porto l'emporte 2-1.
Un geste tellement précis qu'il porte un nom propre
Madjer lui-même a résumé le geste avec simplicité : dos au but, il ne pouvait faire qu'une talonnade pour marquer. L'UEFA a classé ce but parmi ses 60 moments légendaires de la compétition, et le nom du joueur algérien a fini par désigner, dans le langage courant du foot français, n'importe quelle talonnade acrobatique marquée de la même façon — « faire une madjer », c'est reproduire ce geste précis, peu importe qui le réalise.
Un geste rare, donc un mot qui reste précis
Contrairement à d'autres mots du lexique foot devenus très généraux, « madjer » garde un sens étroit : il ne s'applique qu'à une talonnade marquée dos au but, en plein mouvement, pas à n'importe quel but acrobatique. C'est ce qui permet au mot de rester reconnaissable près de quarante ans après le match qui l'a créé, à chaque fois qu'un joueur retente ce geste précis.