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« Relou » : comment « lourd » est devenu l'insulte verlan la plus utilisée

Un mot devenu si courant qu'on oublie qu'il cache, à l'envers, un adjectif tout simple.

« Relou » est aujourd'hui compris de tous, bien au-delà du langage jeune. Mais retourner le mot révèle un adjectif tout bête — et le mécanisme verlan qui les relie explique pourquoi « relou » ne veut jamais dire ce que veut dire « lourd » au sens propre.

Le mécanisme exact : « lourd » inversé, avec un ajustement

Le verlan ne se contente pas d'inverser les lettres : il inverse des syllabes sonores, et s'ajuste pour que le résultat reste prononçable. « Lourd » perd son « d » final, muet à l'oral, ce qui laisse « lour ». En inversant les deux sons qui restent, on obtient « rlou » — une syllabe imprononçable telle quelle en français, qui reçoit donc un « e » inséré entre le « r » et le « l » pour donner « relou ».

Un sens qui ne garde que la moitié du mot d'origine

« Lourd » a deux sens : un poids physique (un sac lourd) et un sens figuré (une ambiance lourde, une personne lourde à supporter). Seul ce second sens a survécu dans « relou » : on ne dira jamais d'un sac qu'il est « relou », seulement d'une personne, une situation ou une tâche pénible, agaçante ou insistante. Le passage par le verlan a figé le mot sur un seul de ses sens de départ.

Un classique du verlan qui a quitté le verlan

Le verlan lui-même remonte au moins au XIXe siècle dans l'argot des malfaiteurs, avant de se diffuser beaucoup plus largement dans la seconde moitié du XXe siècle. « Relou », comme « meuf » ou « ouf », fait partie des mots qui ont fini par entrer dans le langage courant de toutes les générations : plus personne n'a besoin de connaître le mécanisme verlan pour comprendre ou utiliser « relou » au quotidien.

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