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« Pas de bras, pas de chocolat » : une blague bien plus vieille qu'Intouchables
Une blague que le film lui-même présente comme déjà connue, devenue réplique culte par la façon dont elle est jouée.
« Pas de bras, pas de chocolat » : tout le monde associe la phrase à Intouchables. Sauf que dans le film lui-même, Driss la présente comme une vieille blague qu'il connaît déjà — ce n'est pas lui qui l'invente, c'est la façon dont il la ressort qui la rend inoubliable.
Une blague de cour de récré, pas une invention du film
Dans Intouchables (2011), quand Philippe (François Cluzet), tétraplégique, lui demande un carré de chocolat, Driss (Omar Sy) la lui refuse en lançant « Pas de bras, pas de chocolat » — puis précise lui-même qu'il « la fait avec vous », soulignant qu'il s'agit d'une vanne déjà connue qu'il applique à la situation, pas d'une réplique inventée pour l'occasion.
Dater précisément l'origine d'une blague orale de ce genre est quasiment impossible, comme l'explique le service de référence Guichet du Savoir de la bibliothèque de Lyon, consulté sur la question : ce type de formule circule par bouche-à-oreille, sans auteur identifiable, bien avant qu'une trace écrite ou enregistrée n'en garde le souvenir.
Le repère le plus ancien qu'on connaisse
La trace la plus ancienne retrouvée de cette blague n'est pas un film mais un single musical : celui de Philippe Corti, sorti en 1990, soit plus de vingt ans avant Intouchables. Ça ne veut pas dire que la blague est née cette année-là — elle circulait très probablement déjà avant, dans les cours de récré — mais c'est le plus vieux témoignage qu'on puisse dater avec certitude.
Pourquoi c'est le film qui en a fait une réplique culte
Si la blague existait déjà, c'est la scène d'Intouchables qui l'a transformée en réplique qu'on cite encore aujourd'hui : le décalage entre la cruauté apparente de la phrase et la complicité réelle entre les deux personnages, qui en rient ensemble plutôt que de s'en vexer, a fait d'elle l'une des répliques de film les plus reprises des années 2010. On s'en sert aujourd'hui pour refuser quelque chose avec un humour volontairement too much, en général entre proches qui savent que ce n'est pas méchant.