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« Boloss » : un mot dont même les linguistes n'arrivent pas à retracer l'origine
Un mot entré au Grand Robert en 2013, dont l'origine reste disputée entre plusieurs pistes sérieuses, sans qu'aucune ne l'ait emporté.
« Boloss » désigne quelqu'un de naïf, facile à berner ou un peu ridicule. Ce qui est plus surprenant, c'est que personne ne sait vraiment d'où vient ce mot pourtant entré dans le dictionnaire : plusieurs pistes sérieuses existent, mais aucune ne s'est imposée comme la bonne.
Trois pistes, aucune certitude
Un dossier du Monde consacré à l'histoire du mot évoque plusieurs origines possibles : un verlan de « lobotomisé » (en retournant les syllabes, puis en raccourcissant), un mot soninké (langue parlée en Afrique de l'Ouest) signifiant « pigeon », ou encore un rapprochement avec l'argot espagnol. D'autres sources évoquent aussi une racine « lobos » raccourcie. Aucune de ces pistes n'a convaincu tout le monde : les dictionnaires en ligne eux-mêmes indiquent explicitement que l'étymologie reste incertaine.
Un premier sens très concret : le client qu'on arnaque
Avant de désigner n'importe quelle personne naïve, « bolos » avait un sens plus précis et plus dur : dans l'argot du trafic de drogue, il s'agissait du client qu'on arrive à tromper, le « pigeon » qui paie trop cher ou se fait avoir sur la qualité. Le sens s'est ensuite élargi à toute personne facilement bernée, bien au-delà de ce contexte d'origine.
Une orthographe longtemps flottante, puis une entrée au dictionnaire
« Bolos », « boloss » et « bolosse » coexistent encore aujourd'hui sans orthographe unique qui se soit imposée partout. « Boloss » reste la graphie la plus répandue à l'écrit et en ligne, même si certains dictionnaires ont privilégié « bolos » pour coller à une terminaison plus habituelle en français. Le mot a de toute façon fini par entrer dans le Grand Robert en 2013, preuve qu'il avait largement dépassé le simple argot de circonstance.